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La transition vers les poids lourds électriques au Royaume-Uni ne pourra aboutir que si les infrastructures suivent le rythme

La transition vers les poids lourds électriques au Royaume-Uni ne pourra aboutir que si les infrastructures suivent le rythme

Écrit par

Emily Highmore-Talbot

Relations publiques et affaires publiques

Temps de lecture

5 min de lecture

La transition du Royaume-Uni vers des poids lourds zéro émission entre dans une phase politique décisive. Avec la fixation d’objectifs de suppression progressive pour 2035 et 2040, l’obligation d’utiliser des véhicules zéro émission (ZEV) pour les poids lourds commence à influencer concrètement les décisions d’investissement dans les secteurs du fret, de l’énergie et des infrastructures.

Ces dispositions apportent une sécurité indispensable quant aux exigences futures et constituent un mécanisme essentiel pour donner aux constructeurs, aux exploitants, aux fournisseurs d'infrastructures et aux réseaux électriques la confiance nécessaire pour investir. Toutefois, de réels progrès ne pourront être réalisés que s'ils s'accompagnent d'une croissance significative de la puissance disponible dans les dépôts, des raccordements au réseau, des infrastructures de recharge et de la préparation opérationnelle.

Les conclusions de la consultation menée par le gouvernement sur un nouveau cadre réglementaire concernant les émissions des poids lourds constituent une étape cruciale à cet égard.

 

Les véhicules cibles ne constituent qu'une partie du défi

Pour les exploitants de flottes, la question n'est plus seulement de savoir si des camions électriques seront disponibles. Il s'agit plutôt de savoir si les infrastructures, les systèmes énergétiques et les conditions commerciales seront prêts à les accueillir à grande échelle.

Pour de nombreuses flottes, l'électrification ne se résume pas à un simple remplacement des véhicules. Les opérations diesel ont été optimisées au fil des décennies en fonction de la rapidité de ravitaillement, des itinéraires, de la charge utile, de la configuration des dépôts et du prix du carburant.

Les poids lourds électriques nécessitent un modèle d'exploitation différent. La recharge doit être planifiée en fonction :

  • itinéraires et kilométrage
  • temps de séjour
  • schémas de changement de vitesse
  • disponibilité de l'alimentation électrique du dépôt
  • frais d'électricité
  • fiabilité de la recharge

Les infrastructures doivent donc être conçues en fonction des conditions réelles d'exploitation des flottes, et non en fonction de l'autonomie théorique des véhicules.

 

C'est le dépôt qui donnera le ton

De nombreux véhicules de transport de marchandises empruntent des itinéraires prévisibles et reviennent dans des dépôts connus, ce qui fait de la recharge en dépôt une option très intéressante. Cependant, de nombreux dépôts ne disposent pas encore de la capacité électrique nécessaire pour recharger plusieurs poids lourds à la fois.

La modernisation du réseau électrique peut prendre des années. Les longs délais de raccordement sont source d'incertitude pour l'acquisition de véhicules, les investissements dans les dépôts et les engagements pris envers les clients.

C'est pourquoi la préparation du réseau doit être considérée comme un élément central de la politique des transports. L'électrification du fret doit être intégrée dans la planification à long terme du système énergétique, les flottes, les gestionnaires de réseau et les pouvoirs publics devant collaborer pour anticiper l'émergence de la demande.

Attendre que chaque projet de dépôt demande à son tour une modernisation du réseau risque de créer des goulots d'étranglement au moment même où l'adoption de cette technologie s'accélère.

 

La recharge en mégawatts nécessite une planification précoce

La recharge à haute puissance sera indispensable, tant dans les dépôts que le long des axes logistiques stratégiques pour les opérations sur de longues distances.

Les systèmes de recharge de plusieurs mégawatts joueront un rôle important là où les véhicules circulent au-delà de la zone d'action du dépôt. Cependant, les sites doivent être planifiés en fonction des flux de fret réels, des pôles logistiques et de la capacité du réseau, afin que la recharge le long des corridors vienne compléter celle effectuée au dépôt, plutôt que de faire double emploi ou de gaspiller des investissements. L'énergie produite sur site peut également alléger la pression. Associés à une optimisation énergétique intelligente, les développements de micro-réseaux intégrant la production solaire et le stockage par batterie peuvent répondre à la demande d'électricité sur site, améliorer la résilience et réduire jusqu'à 70 % la nécessité de mises à niveau majeures du réseau.

Pour de nombreux opérateurs, ces technologies ne seront pas de simples options supplémentaires. Elles seront essentielles pour assurer la viabilité commerciale et opérationnelle de l'électrification des dépôts.

 

La tarification de l'électricité est désormais une question qui relève du conseil d'administration

Les opérateurs ont l'habitude de gérer les coûts du diesel grâce à des mécanismes de tarification bien établis. Des structures équivalentes pour le fret électrique n'en sont pas encore là.

Les frais de réseau, les redevances de capacité, les taxes et les coûts liés aux pics de demande peuvent tous avoir une incidence sur le coût total d'exploitation des poids lourds électriques. Si ces coûts sont imprévisibles, les flottes auront du mal à établir des analyses de rentabilité fiables pour les véhicules et les infrastructures.

Une plus grande transparence concernant les coûts futurs liés au réseau électrique et aux politiques énergétiques permettrait de réduire les risques liés aux investissements. Les exploitants de flottes ont besoin d'une visibilité à long terme afin de pouvoir estimer les coûts de recharge, fixer les tarifs de leurs services de transport et répondre à la demande croissante des clients en faveur d'une logistique à faibles émissions.

 

La réglementation doit refléter la réalité opérationnelle

La conception de la réglementation a son importance. Une obligation relative aux véhicules à zéro émission (ZEV) imposée aux constructeurs envoie un signal plus clair au marché que les obligations d'achat de flottes.

Risques liés aux contrats d'achat de flottes :

  • sanctionner les opérateurs ne disposant pas d'une capacité de dépôt suffisante
  • qui touche de manière disproportionnée les petits opérateurs
  • encourager les flottes à prolonger la durée de vie des véhicules diesel
  • pousser à la passation de marchés avant que les infrastructures ne soient prêtes

Un mandat en matière de vente de véhicules, soutenu par une politique d'infrastructures, donne une orientation au marché tout en reconnaissant que l'électrification des flottes ne peut se faire que lorsque les conditions d'exploitation sont réunies.

 

Ce que les gestionnaires de flottes devraient faire dès maintenant

Il est peu probable que la réponse à la consultation du gouvernement soit connue avant la fin de l'année (voire en 2027), mais les exploitants de flottes ne devraient pas attendre. Ceux qui seront les mieux placés pour mener à bien cette transition sont ceux qui s'y préparent dès maintenant.

La première étape consiste à déterminer quels itinéraires, dépôts et cycles de service se prêtent à l'électrification. À partir de là, les flottes peuvent évaluer :

  • fenêtres de recharge
  • besoins en énergie
  • contraintes du réseau
  • opportunités énergétiques sur site
  • coût total de possession
  • risques opérationnels

C'est dans les détails de la mise en œuvre que se jouera le succès ou l'échec de cette transition : configuration des dépôts, files d'attente aux points de raccordement, structures tarifaires, fiabilité de la facturation et planification opérationnelle au quotidien.

 

C'est l'infrastructure qui déterminera le rythme de l'électrification du transport de marchandises

Le Royaume-Uni a l'occasion de mener une transition vers la décarbonisation du transport de marchandises à la fois ambitieuse et concrète. Pour y parvenir, les politiques en matière de véhicules, les infrastructures de recharge et les réseaux électriques doivent évoluer de concert.

Il est important de disposer d'une réglementation claire en matière de véhicules à zéro émission (ZEV). Cependant, sans infrastructure de recharge dans les dépôts, sans réseau électrique adapté, sans stations de recharge de plusieurs mégawatts et sans coûts d'électricité prévisibles, cette réglementation ne suffira pas à elle seule à électrifier le transport de marchandises.

Pour les opérateurs, le message est clair : l'avenir des poids lourds passe par le zéro émission, mais la transition commence par les infrastructures.

 

7 mai 2026

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  • « Avec VEV, nous avons trouvé un partenaire qui comprend véritablement à la fois la gestion de flottes et les marchés de l'énergie. »

    Tony Cockcroft

    Directeur de la gestion des actifs chez Stagecoach

  • « Notre implantation au Royaume-Uni avec notre première station de recharge à Immingham marque une étape importante pour Milence. VEV a joué un rôle central dans tous les aspects du projet, de la recherche d'un emplacement idéal à la planification, la conception et la construction, en passant par la gestion de la mise en service de notre station de recharge haut de gamme pour poids lourds. »

    Lars Minekus

    Responsable régional pour le Benelux et le Royaume-Uni

  • « VEV et RVS nous ont accompagnés, ainsi que nos chauffeurs, tout au long de la phase pilote, en répondant à nos questions et en résolvant rapidement les problèmes opérationnels et techniques. Ce projet s'est déroulé sans heurts et a été très bien mené. »

    George Roach

    Directeur de la performance et de la conformité, Serco

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