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La puissance, nouvelle capacité portuaire : pourquoi l'électrification représente un changement de système

La puissance, nouvelle capacité portuaire : pourquoi l'électrification représente un changement de système

Écrit par

Sam Hoyland, vice-président du développement commercial et du marketing

Sam Hoyland

Vice-président du développement commercial et du marketing

Temps de lecture

7 min de lecture

La puissance, c'est la nouvelle capacité portuaire 

Pourquoi l'électrification constitue un changement de système 

Les ports ont toujours été évalués en fonction de leur capacité physique : terrains, postes d'amarrage, hangars, grues, aires de manœuvre, accès routiers et liaisons ferroviaires. 

Ces mesures restent importantes. Mais l'électrification est en train de bouleverser les fondements de la capacité portuaire. 

Avec l'augmentation des redevances sur les poids lourds, des équipements de manutention, des entrepôts frigorifiques, de l'automatisation, de la demande des locataires et de l'alimentation à quai, ce même parc immobilier devra répondre à une demande en électricité bien plus importante et plus variable. 

La question qui se pose donc aux responsables portuaires n'est plus seulement : de combien de terrain disposons-nous ? 

La question est aussi la suivante : quelle quantité d'énergie exploitable ce terrain peut-il produire ? 

La puissance par mètre carré deviendra l'un des principaux indicateurs de la compétitivité portuaire. 

L'électrification des ports ne se résume pas à un simple projet de bornes de recharge. Il s'agit d'une transformation systémique qui touche à la fois l'approvisionnement en énergie, l'exploitation, l'immobilier, les modèles commerciaux et l'informatique. 

 

Trois éléments que les ports doivent prendre en compte 

Si la puissance par mètre carré est en passe de devenir l'un des principaux indicateurs de la compétitivité portuaire, les ports ont besoin d'un moyen simple de s'y adapter. 

Il y a trois points à prendre en compte :

1. Quelle est la puissance utile que le domaine peut supporter ? 

C'est par là qu'il faut commencer. Les ports doivent savoir où l'électricité est disponible aujourd'hui, où elle est limitée et où la demande est susceptible d'augmenter à l'avenir. 

Il ne s'agit pas seulement de la capacité totale du réseau. Il s'agit de savoir où l'électricité est disponible sur l'ensemble du site, comment elle s'articule avec les zones d'activité, et si elle peut prendre en charge des utilisations à forte intensité énergétique telles que les équipements électriques de manutention de marchandises, la recharge des poids lourds, l'entreposage frigorifique, l'automatisation, l'alimentation à quai et la croissance du nombre de locataires. 

2. Comment cette énergie sera gérée face à des besoins concurrents 

L'électrification entraînera une demande plus variable. Les véhicules, les équipements, les locataires, les entrepôts, les navires et la production sur site n'auront pas tous besoin d'électricité au même moment ni de la même manière. 

Les ports devront gérer les pics de demande, rééquilibrer la demande dans la mesure du possible, utiliser intelligemment les capacités de stockage et veiller à ce que les besoins opérationnels soient pris en compte. C'est là que la plateforme numérique prend toute son importance : elle permet de suivre la demande, de gérer les charges variables, de répartir les coûts et de faciliter la prise de décision dans les domaines de l'énergie, des opérations, de l'immobilier, du commerce et de l'informatique. 

3. Comment le port tire profit de l'énergie 

Les ports n'ont pas besoin de posséder tous les chargeurs ou toutes les infrastructures. Ils doivent toutefois définir leur rôle : fournisseur, bailleur, partenaire, exploitant ou gestionnaire de l'alimentation électrique sur l'ensemble de leur domaine. 

L'essentiel est de ne pas considérer l'électricité comme un simple service de transit. À mesure que la demande augmente, l'électricité s'intègre à l'offre commerciale du port. 

 

Pourquoi la puissance au mètre carré est-elle importante ? 

La puissance par mètre carré est utile car elle permet de faire passer l'électrification d'un débat général sur les infrastructures à une question concrète d'aménagement du territoire. 

Quelles parties du port peuvent accueillir des utilisations nécessitant une puissance plus élevée ? Quelles zones sont soumises à des contraintes ? Où faut-il donner la priorité à la capacité du réseau, à la production sur site ou au stockage ? Quels locataires ou quelles activités auront besoin de plus d'électricité en priorité ? 

Sans cette vision d'ensemble, l'électrification peut apparaître comme une simple liste de projets isolés. Grâce à elle, les responsables portuaires peuvent identifier les domaines dans lesquels l'électrification permettra de sécuriser les opérations, de soutenir la croissance des locataires et de façonner les futures opportunités commerciales. 

L'ampleur de cette évolution est déjà perceptible dans le secteur de l'immobilier logistique. Un entrepôt traditionnel à température ambiante au Royaume-Uni ou en Europe consomme généralement entre 30 et 50 kWh par mètre carré et par an. Un centre de distribution hautement automatisé et entièrement électrifié peut quant à lui atteindre 250 à 350 kWh/m² voire plus. 

Le fossé en matière d'infrastructures est tout aussi important. Un bien immobilier à faible consommation d'énergie peut fonctionner avec une allocation de réseau relativement modeste, tandis qu'un centre logistique moderne, automatisé et intégré à une flotte, peut nécessiter plusieurs mégawatts de capacité garantie. 

C'est là tout l'enjeu pour les ports : un même mètre carré de terrain peut répondre à des besoins énergétiques très différents, et donc jouer un rôle commercial très différent. 

 

L'avertissement néerlandais et la voie suivie par le Royaume-Uni 

La course à l'énergie s'intensifie. Les Pays-Bas illustrent clairement ce qui se passe lorsque l'électrification progresse plus vite que la capacité du réseau. Sur certaines parties du marché néerlandais, les sites industriels et logistiques ont été confrontés à des retards de raccordement et à des freins à leur croissance. Des pôles énergétiques locaux, l'énergie solaire, les batteries et les modèles de partage de l'énergie sont mis à contribution pour contourner les contraintes du réseau central. 

Le Royaume-Uni n'en est pas encore là, mais la tendance est claire. Les ports, les pôles logistiques, les zones industrielles, les entrepôts automatisés, les centres de données et les stations de recharge se disputent tous la capacité du réseau, les dates de raccordement, les terrains et les infrastructures énergétiques. 

Pour les ports, la leçon est simple : il ne faut pas attendre que la demande se manifeste. Si l'approvisionnement en électricité vient à être limité, les nouvelles activités et les projets d'expansion pourraient commencer à privilégier les sites capables de fournir de l'électricité plus rapidement. Cela peut se situer à l'intérieur même du port. Cela peut se situer à proximité du port. Ou encore ailleurs, au sein du réseau logistique régional. 

Le risque n'est pas que toutes les activités quittent soudainement le port. Le risque est plus progressif : les utilisations nécessitant une puissance plus importante, les futurs locataires et les projets d'expansion pourraient commencer à se tourner vers des sites offrant un meilleur accès à l'électricité. 

Les ports ne doivent pas partir du principe que l'emplacement suffira à lui seul à garantir leurs revenus futurs. Dans un système logistique électrifié, la disponibilité de l'alimentation électrique devient un critère déterminant dans le choix de l'emplacement. 

 

L'impact commercial 

Il ne s'agit pas seulement d'une question de conformité ou de développement durable. C'est un enjeu commercial direct qui concerne les recettes portuaires, la valeur des actifs et les rendements futurs. 

  • Risques liés aux locataires et à la croissance : Les opérateurs logistiques et les locataires tiendront de plus en plus compte de la disponibilité de l'électricité lorsqu'ils prendront des décisions concernant l'implantation et l'expansion. Si un parc industriel automatisé situé en dehors du port peut offrir un accès plus rapide à l'électricité, aux bornes de recharge et à la capacité du réseau, une partie de la croissance future pourrait se diriger vers ces sites plutôt que vers le domaine portuaire. 
  • Risques liés aux navires et aux postes d'amarrage : À mesure que l'alimentation à quai et les opérations portuaires à faibles émissions gagnent en importance, les postes d'amarrage et les services d'assistance qui ne peuvent pas fournir l'alimentation électrique adéquate risquent de perdre de leur attrait. 
  • Risque lié au modèle commercial : Les ports qui ne définissent pas clairement leur rôle risquent de laisser à d'autres le soin de gérer l'approvisionnement en énergie, l'accès à la recharge, les données et les relations avec la clientèle. 

 

Façonner le modèle, plutôt que de simplement y réagir 

Les ports n'ont pas besoin de se transformer en entreprises de recharge. Ils n'ont pas besoin de posséder chaque borne de recharge, chaque batterie, chaque câble, chaque véhicule ou chaque infrastructure énergétique. 

Mais les ports doivent déterminer quel rôle ils souhaitent jouer. 

Ils peuvent choisir de posséder certaines infrastructures, de s'associer à des spécialistes, d'agir en tant que « bailleur énergétique », de mettre des terrains à disposition, de fournir de l'électricité ou d'utiliser des systèmes de production et de stockage sur site pour soutenir les locataires et les exploitants. 

Il n'y a pas de modèle unique qui soit le bon. L'important, c'est de faire un choix mûrement réfléchi. 

Si les ports ne décident pas du rôle qu'ils souhaitent jouer dans le nouveau paysage énergétique, c'est le marché qui décidera à leur place. 

 

Les questions que les responsables portuaires devraient se poser 

Si la puissance par mètre carré est en passe de devenir un nouvel indicateur de la capacité portuaire, les responsables portuaires doivent avoir une vision claire de leur situation actuelle et de l'évolution de la demande. 

  • Propriété : Quelles parties de la succession occupent aujourd'hui la position la plus forte ? 
  • Électricité : Où se situent les contraintes, et dans quels domaines la modernisation du réseau, la production ou le stockage pourraient-ils améliorer la situation ? 
  • Exploitation : Quelles zones du port auront besoin de la plus forte augmentation de puissance au cours des cinq prochaines années ? 
  • Secteur commercial : Quels locataires, services ou affectations du sol deviennent plus attractifs si l'on dispose de plus d'énergie ? 
  • Informatique : Quelle plateforme est nécessaire pour suivre la demande, gérer les charges variables et répartir les coûts entre les utilisateurs ? 
  • Stratégie : Dans quels cas le port doit-il réserver l'électricité pour ses propres opérations, et dans quels cas doit-il la mettre à la disposition des locataires, des transporteurs ou de ses partenaires ? 

 

Aller de l'avant 

La transition d'un parc immobilier complexe et multi-utilisateurs ne peut se faire par le biais de projets pilotes isolés ou d'achats effectués au cas par cas. Elle nécessite une feuille de route concrète et fondée sur les données, couvrant à la fois l'énergie, l'exploitation, l'immobilier, les modèles commerciaux et l'informatique. 

En tant que partenaire stratégique en matière d'électrification, VEV aide les pôles de transport et d'actifs complexes à mener à bien cette transition. Plutôt que de concevoir des infrastructures sur la base d'hypothèses, nous utilisons des données opérationnelles concrètes pour modéliser des écosystèmes énergétiques complets, en tenant compte des contraintes du réseau, de la production sur site, des horaires des flottes et de la demande future. 

En tant que fournisseur indépendant de connexions, VEV allie l'analyse de données à la mise en place d'infrastructures. Nous ne nous contentons pas de tracer la voie ; nous contribuons à la concrétiser. 

 

Les ports qui agiront rapidement auront plus de choix 

L'électrification va transformer la concurrence entre les ports. 

Les terrains, les postes d'amarrage, les grues, les hangars et les voies d'accès resteront des éléments importants. Mais ils ne feront pas tout. 

Le prochain indicateur de la compétitivité portuaire sera la puissance disponible par mètre carré. 

Les ports qui en prendront conscience rapidement disposeront d'un plus grand choix. Ils pourront planifier leurs capacités, mieux exploiter leurs terrains, soutenir leurs locataires, nouer des partenariats et mettre en place de nouveaux modèles de revenus. 

Les ports qui attendent risquent de constater que la terre est toujours là, mais que la force nécessaire pour en libérer la valeur future a disparu. 

L'électrification est en marche. La question est de savoir si les ports vont façonner cette transition ou s'ils vont la laisser se faire sans intervenir. 

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