Résumé rapide
- Une flotte électrique dépend de sa plateforme de recharge. Si celle-ci tombe en panne ou est compromise, certains véhicules peuvent ne pas être prêts au moment du départ.
- Une attaque ne provoque pas forcément une coupure visible. Elle peut aussi modifier les horaires ou les priorités de recharge, dépasser les limites de puissance du site ou augmenter progressivement les coûts d’énergie.
- VEV-IQ vérifie l’identité de chaque borne et chiffre les échanges afin qu’un équipement non autorisé ne puisse ni envoyer de données ni recevoir de commandes.
- Chaque utilisateur dispose uniquement des accès nécessaires à son travail, et les actions importantes sont enregistrées pour pouvoir comprendre précisément ce qui s’est passé.
- En cas d’incident, des sauvegardes continues et immuables, ainsi qu’une infrastructure automatisée et régulièrement testée, permettent de remettre la plateforme en service.
- La sécurité est intégrée au fonctionnement quotidien de VEV-IQ. Elle s’appuie sur un système de gestion certifié ISO 27001, complété par des tests réguliers menés par des spécialistes indépendants.
Cinq heures du matin
À cinq heures du matin, le responsable d’exploitation d’un dépôt de bus ouvre VEV-IQ avec une seule question en tête : la flotte est-elle prête ? De l’extérieur, la plateforme ressemble à un tableau de bord qui affiche l’état des recharges, l’historique des sessions et les coûts énergétiques.
VEV-IQ démarre, arrête et planifie la recharge de flottes entières, en tenant compte du prix de l’énergie et des limites de puissance du site, avec une priorité absolue : que chaque véhicule soit prêt pour son prochain service. Pour certaines flottes, la plateforme décide également comment utiliser l’énergie solaire disponible : alimenter les véhicules, charger les batteries ou réinjecter l’énergie sur le réseau.
Le responsable d’exploitation, lui, veut simplement que les véhicules soient prêts à prendre la route. Cela suppose que le bon plan de charge ait été exécuté pendant la nuit et que seules les personnes autorisées aient pu le modifier.
Imaginons maintenant ce qui pourrait arriver si un attaquant accédait à une plateforme de recharge. Les conséquences peuvent être évidentes : la plateforme devient indisponible et les véhicules ne peuvent plus charger. Mais l’attaque peut aussi être beaucoup plus difficile à détecter. Le plan exécuté n’est alors plus celui qui avait été défini : certains véhicules ne sont pas chargés, les priorités sont inversées, les limites de puissance du site ne sont plus respectées et de l’énergie est réinjectée sur le réseau alors qu’elle devait être utilisée sur le site.
Dans tous les cas, il est impossible de rattraper plusieurs heures de recharge juste avant les premiers départs. À ce stade, il est trop tard.
Des véhicules ne sont pas disponibles, certains services ne peuvent pas être assurés et les retards comme les pénalités commencent à s’accumuler.
L’attaque peut également rester presque invisible. Une personne cherchant à ne pas être détectée pourrait, par exemple, décaler progressivement les recharges vers les heures les plus coûteuses, semaine après semaine. Quelle que soit la méthode utilisée, rétablir le fonctionnement de la plateforme ne représenterait que la première étape.
Un incident de sécurité ne se traite pas comme une simple panne. Une panne est terminée lorsque le défaut est corrigé. Après une attaque, corriger ses effets immédiats ne suffit pas : il faut pouvoir faire de nouveau confiance au système.
Cela implique de vérifier les modifications effectuées, les comptes utilisés et les actions réalisées. Il faut également confirmer que les bornes connectées sont bien celles attendues et qu’aucune autre partie du système n’a été touchée. Ces vérifications peuvent prendre plusieurs jours, et non quelques heures.
Voilà pourquoi la sécurité de la plateforme est essentielle. Et ces risques n’ont rien de théorique. Ailleurs dans le secteur, des réseaux de recharge ont déjà été confrontés à des bornes publiques manipulées et à des données clients exposées.
Ces incidents ont touché des réseaux publics, où un conducteur bloqué peut généralement trouver un autre point de recharge. Une flotte ne dispose pas de cette possibilité. Son réseau de recharge se trouve dans son dépôt, et son activité en dépend.
Tout cela élève considérablement le niveau d’exigence attendu de la plateforme sur laquelle repose la flotte. Un système sérieux est conçu en partant du principe qu’un incident peut arriver. Il est ensuite jugé sur sa capacité à en limiter les conséquences.
Une plateforme qui pilote votre dépôt en détient, de fait, les clés. Elle doit être choisie en conséquence.
Pouvoir faire confiance aux bornes
Une plateforme de recharge dépend d’un flux permanent de données provenant des bornes. Toutes les décisions qu’elle prend, comme le moment où un véhicule doit charger, la puissance à utiliser ou la destination de l’énergie disponible, dépendent de la fiabilité de ces informations.
Les bornes communiquent avec VEV-IQ par des connexions chiffrées, via OCPP, le protocole utilisé dans le secteur de la recharge. Nous utilisons les mécanismes de sécurité prévus par le protocole, et notre implémentation d’OCPP est certifiée de manière indépendante.
Nous allons cependant plus loin sur la question de l’identité. Une borne ne peut ni transmettre de données à VEV-IQ ni recevoir d’instructions tant que son identité n’a pas été vérifiée.
Nous configurons et gérons chaque borne en utilisant le mécanisme d’authentification le plus robuste pris en charge par son matériel.
C’est une question que tout opérateur devrait poser lors du choix d’une plateforme : qu’est-ce qui empêche concrètement une borne non autorisée de se faire passer pour l’une des miennes ? Nous serons heureux de vous expliquer précisément comment VEV-IQ y répond.
Maîtriser les accès
La première question est de savoir qui peut se connecter. VEV IQ s’appuie sur les comptes d’entreprise que vos équipes utilisent déjà. Vos règles de mot de passe et votre authentification multifacteur continuent donc de s’appliquer. Lorsqu’une personne rejoint ou quitte votre organisation, ses accès sont ajustés en conséquence.
Il n’existe pas de compte VEV-IQ distinct qui risquerait de rester actif après le départ d’un collaborateur.
La deuxième question concerne ce que chacun peut faire une fois connecté. Les droits d’accès reflètent le fonctionnement réel de votre organisation, plutôt qu’une poignée de rôles génériques imposés par la plateforme.
Un responsable de flotte peut disposer d’une vision globale. Un responsable de dépôt peut piloter son propre site, sans avoir accès aux autres. Un ingénieur support peut consulter les informations nécessaires à un diagnostic sans pouvoir modifier la facturation.
Ce ne sont que des exemples. Les rôles peuvent être définis pour correspondre précisément à votre organisation et, si nécessaire, être créés spécifiquement pour vos équipes.
D’après mon expérience, les droits excessifs résultent rarement d’un choix délibéré. Ils apparaissent surtout lorsqu’un système ne permet pas de définir les accès avec suffisamment de précision. On finit alors par accorder davantage de droits que nécessaire simplement pour permettre aux personnes de travailler.
Nous avons conçu VEV-IQ avec ce niveau de précision afin que chacun dispose exactement des droits nécessaires à son rôle, et de rien de plus.
Le même principe s’applique à nos propres équipes. Nos ingénieurs ne disposent pas par défaut d’un accès à l’infrastructure qui héberge VEV-IQ. Cet accès doit être demandé et approuvé, n’est accordé que pour une durée limitée, puis expire automatiquement à l’issue de cette période.
Le principe est simple : un accès permanent reste un risque, quelle que soit la personne qui le détient. Cet accès peut être volé, mais il peut aussi amplifier les conséquences d’une simple erreur humaine.
Lorsque les droits sont limités à la tâche en cours, les conséquences d’une commande erronée restent contenues dans un périmètre réduit. Avec des droits trop larges, la même erreur peut avoir des conséquences graves.
Nous limitons donc à la fois l’étendue des accès et la durée pendant laquelle ils restent actifs.
Enfin, toute action importante laisse une trace, quelle que soit la personne qui l’effectue : qui a changé quoi et quand.
Pour les équipes de sécurité, ces traces fournissent les éléments nécessaires à une investigation. Pour les équipes opérationnelles, elles permettent de comprendre ce qui s’est réellement passé lorsqu’une situation semble anormale.
Quand quelque chose tourne mal
La résilience correspond à la capacité de la plateforme à continuer de fonctionner lorsqu’un composant rencontre un problème, puis à revenir rapidement à la normale.
Avec VEV-IQ, aucune requête n’est considérée comme fiable simplement parce qu’elle est arrivée jusqu’à la plateforme. Chaque requête traverse plusieurs couches de protection, chacune ayant un rôle précis. Le trafic malveillant est filtré avant d’atteindre le cœur du système, l’identité est vérifiée, les permissions liées au rôle de l’utilisateur sont appliquées et l’accès aux données est limité aux seules personnes autorisées. Les données restent également chiffrées pendant leur transmission et leur stockage.
Une plateforme sérieuse doit aussi pouvoir revenir rapidement à un fonctionnement normal, quelle que soit l’origine du problème : une panne matérielle, une erreur humaine ou un accident.
Cela commence par des sauvegardes fiables. Elles sont réalisées en continu et ne peuvent être ni modifiées ni supprimées, y compris par nos propres équipes. Nous disposons ainsi toujours d’une copie récente et saine des données.
Mais restaurer les données ne suffit pas. Toute la plateforme repose sur un plan automatisé qui décrit précisément comment chaque élément doit être configuré et fonctionner avec les autres. Ce n’est pas un document que l’on pourrait oublier de mettre à jour : c’est ce plan qui est directement utilisé pour déployer et faire évoluer la plateforme.
Nous le testons très régulièrement afin de vérifier qu’il permet bien de remettre l’ensemble en place de manière cohérente, sans dépendre de la mémoire d’un ingénieur ni d’une longue série d’opérations manuelles.
La sécurité au quotidien
La plupart des incidents de sécurité ne commencent pas par un attaquant particulièrement brillant. Ils commencent par une modification effectuée dans l’urgence, une règle oubliée ou un correctif repoussé trop longtemps.
Nous avons donc conçu VEV-IQ pour que sa sécurité ne dépende pas de la capacité de chacun à se rappeler d’appliquer chaque règle au bon moment. Les contrôles sont définis une fois, puis appliqués automatiquement à chaque changement. Le même niveau de protection s’applique en permanence, et pas uniquement au moment d’un audit.
C’est un choix délibéré. Même les meilleures équipes peuvent commettre des erreurs. Le fonctionnement le plus sûr doit donc être le fonctionnement par défaut.
Nous sommes certifiés ISO 27001, mais nous ne nous arrêtons pas là. Des spécialistes indépendants et accrédités testent VEV-IQ pour repérer ce que nous aurions pu manquer, et tout ce qui ressort est corrigé et suivi jusqu'au bout.
Quand la sécurité devient un enjeu opérationnel
Les flottes sont de plus en plus connectées, et une part croissante de leur activité dépend de la plateforme qui coordonne les véhicules, les bornes, les sites et l’énergie.
Dans le même temps, les attaques coûtent de moins en moins cher à concevoir et deviennent de plus en plus faciles à automatiser.
La conclusion est simple : pour une flotte connectée, la sécurité de la plateforme n’est pas une fonctionnalité parmi d’autres. Elle conditionne la capacité de la flotte à fonctionner.
Chez VEV, cette responsabilité guide la manière dont VEV-IQ est conçue, exploitée, testée et améliorée.
Hanno Klausmeier, VP Software Engineering, a également rédigé un guide détaillé sur les critères de sécurité à évaluer lors du choix d’une plateforme.
Pour comprendre plus en détail comment VEV-IQ protège vos opérations, contactez-nous. Nous pourrons vous présenter concrètement notre approche, avec votre équipe sécurité si vous le souhaitez.
15 juillet 2026