Nous contacter

L'énergie est la nouvelle capacité portuaire : pourquoi l'électrification représente un changement systémique

L'énergie est la nouvelle capacité portuaire : pourquoi l'électrification représente un changement systémique

Rédigé par

Sam Hoyland, vice-président du développement commercial et du marketing

Sam Hoyland

Vice-président du développement commercial et du marketing

Temps de lecture

8 min de lecture

Résumé rapide

  • L'article soutient que l'énergie devient une nouvelle mesure de la capacité portuaire, aux côtés des terrains, des postes d'amarrage, des grues et des accès routiers et ferroviaires.
  • L'électrification des ports constitue une transformation globale, bien au-delà de la simple installation de bornes de recharge ou du remplacement de véhicules.
  • À mesure que les ports passeront à l'électricité pour les poids lourds, les équipements de manutention, les entrepôts frigorifiques, l'automatisation et l'alimentation à quai, la demande en électricité augmentera fortement.
  • Les ports doivent déterminer la puissance utile que leur domaine peut supporter, la manière dont elle sera gérée et son potentiel de valorisation commerciale.
  • L'article avertit qu'une capacité de réseau limitée pourrait restreindre la croissance des locataires, les projets futurs et la compétitivité du port.
  • Principal enseignement : les ports qui planifient à l'avance auront plus d'options ; ceux qui attendent disposeront peut-être de terrains, mais pas de la puissance nécessaire pour en exploiter la valeur.

L'énergie est la nouvelle capacité portuaire 

Pourquoi l'électrification représente un changement systémique 

Les ports ont toujours été évalués selon leur capacité physique : superficie, postes d'amarrage, hangars, grues, espaces de stockage, accès routiers et liaisons ferroviaires. 

Ces mesures restent importantes. Mais l'électrification modifie les fondements de la capacité portuaire. 

Avec la croissance de la recharge des poids lourds, des équipements de manutention du fret, du stockage frigorifique, de l'automatisation, de la demande des locataires et de l'alimentation électrique àquai, une même infrastructure devra supporter une demande d'électricité considérablement plus élevée et variable. 

La question pour les gestionnaires portuaires n'est donc plus seulement : de combien de terrain disposons-nous ? 

Il s'agit également de savoir : quelle quantité de puissance utile ce terrain peut-il supporter ? 

La puissance par mètre carré va devenir l'un des critères déterminants de la compétitivité portuaire. 

L'électrification portuaire ne se résume pas à un simple projet de bornes de recharge. Il s'agit d'une transformation systémique touchant l'énergie, les opérations, l'immobilier, les modèles économiques et l'informatique. 

 

Trois éléments à prendre en compte par les ports 

Si la puissance par mètre carré devient l'un des indicateurs clés de la compétitivité portuaire, les ports ont besoin d'un moyen simple pour agir en conséquence. 

Il y a trois éléments à prendre en considération :

1. La puissance utile que le site peut supporter 

C'est le point de départ. Les ports doivent identifier où l'énergie est disponible aujourd'hui, où elle fait défaut et où la demande future est susceptible de croître. 

Il ne s'agit pas seulement de la capacité totale du réseau. Il s'agit de savoir où l'énergie est disponible sur l'ensemble du site, comment elle correspond aux zones opérationnelles et si elle peut subvenir à des usages plus intensifs tels que les équipements électriques de manutention de conteneurs, la recharge des poids lourds, la chaîne du froid, l'automatisation, l'alimentation électrique à quai et la croissance des activités des locataires. 

2. La gestion de cette puissance face à des demandes concurrentes 

L'électrification générera une demande plus variable. Les véhicules, les équipements, les locataires, les entrepôts, les navires et la production sur site n'auront pas tous besoin d'électricité au même moment ni de la même manière. 

Les ports devront gérer les pics de charge, moduler la demande lorsque cela est possible, utiliser le stockage de manière intelligente et veiller à la préservation des impératifs opérationnels. C'est ici que la plateforme numérique prend toute son importance : suivi de la demande, gestion des charges variables, ventilation des coûts et aide à la décision transversale (énergie, opérations, immobilier, commerce et informatique). 

3. La manière dont le port tire une valeur commerciale de l'énergie 

Les ports n'ont pas vocation à posséder chaque borne ou actif. En revanche, ils doivent définir clairement leur rôle : fournisseur, bailleur, partenaire, exploitant ou gestionnaire d'énergie à l'échelle du site. 

L'essentiel est d'éviter de traiter l'énergie comme un service public neutre. À mesure que la demande augmente, l'énergie devient un élément de l'offre commerciale du port. 

 

Pourquoi la puissance par mètre carré compte 

L'indicateur de puissance par mètre carré s'avère précieux car il transforme l'électrification d'une discussion générale sur les infrastructures en une question pratique de planification immobilière. 

Quelles sont les parties du port capables de prendre en charge des usages à forte puissance ? Quelles zones présentent des contraintes ? Où faut-il prioriser la capacité de raccordement au réseau, la production sur site ou le stockage ? Quels exploitants ou activités auront besoin de plus d'énergie en premier ? 

Sans cette vision globale, l'électrification peut apparaître comme une suite de projets cloisonnés. Avec elle, les responsables portuaires peuvent identifier précisément où l'énergie permettra de sécuriser les opérations, de soutenir la croissance des locataires et de façonner les options commerciales futures. 

L'ampleur de cette transformation est déjà visible dans l'immobilier logistique. Un entrepôt à température ambiante traditionnel au Royaume-Uni ou en Europe affiche généralement une consommation d'environ 30 à 50 kWh par mètre carré et par an. Un centre de traitement des commandes hautement automatisé et entièrement électrifié peut atteindre 250 à 350+ kWh/m². 

Le déficit d'infrastructure revêt une importance tout aussi cruciale. Un bien immobilier à faible consommation d'énergie peut fonctionner avec une attribution de réseau relativement modeste, tandis qu'un pôle logistique moderne, automatisé et intégré à une flotte peut exiger plusieurs mégawatts de capacité sécurisée. 

C'est tout l'enjeu pour les ports : un même mètre carré de terrain peut supporter un besoin énergétique radicalement différent et, par conséquent, jouer un rôle commercial très distinct. 

 

L'avertissement néerlandais et la trajectoire britannique 

La concurrence pour l'accès à l'énergie s'accélère. Les Pays-Bas constituent un avertissement clair de ce qui se produit lorsque l'électrification devance la capacité du réseau. Dans certaines régions du marché néerlandais, des sites industriels et logistiques ont fait l'objet de retards de raccordement et de plafonds de croissance. Des hubs énergétiques locaux, des solutions solaires, des batteries et des modèles de partage d'énergie sont mis en œuvre pour contourner les contraintes du réseau principal. 

Le Royaume-Uni n'en est pas encore là, mais la direction est claire. Ports, plaques logistiques, zones industrielles, entrepôts automatisés, centres de données et pôles de recharge se disputent tous la capacité du réseau, les dates de raccordement, le foncier et l'infrastructure énergétique. 

Pour les ports, la leçon est simple : ne pas attendre que la demande se manifeste. Si la puissance vient à manquer, les nouvelles activités et les projets d'expansion risquent de privilégier les sites capables de fournir de l'énergie plus rapidement. Cela peut se situer au sein même du port, à proximité immédiate de celui-ci, ou ailleurs dans le réseau logistique régional. 

Le risque n'est pas que toute activité quitte soudainement le port. Le risque est plus progressif : les usages à plus forte puissance, les futurs locataires et les projets d'expansion pourraient commencer à se tourner vers des sites offrant un meilleur accès à l'énergie.

Les ports ne doivent pas présumer que leur seule implantation géographique garantira leurs revenus futurs. Dans un système logistique électrifié, la disponibilité de l'énergie devient un critère déterminant dans le choix du site. 

 

L'impact commercial 

Il ne s'agit pas seulement d'une question de conformité ou de durabilité. C'est un enjeu commercial direct pour les revenus du port, la valeur des actifs et les rendements futurs. 

  • Risque locatif et de croissance : Les prestataires logistiques et les locataires tiendront de plus en plus compte de la disponibilité énergétique lors de leurs choix d'implantation et d'extension. Si un parc industriel automatisé situé hors du port peut offrir un accès plus rapide à l'énergie, à la recharge et à la capacité de réseau, une partie de la croissance future pourrait s'orienter vers ces sites plutôt que vers le domaine portuaire. 
  • Risque lié aux navires et aux postes à quai : À mesure que l'alimentation électrique à quai et les opérations portuaires à faible émission gagnent en importance, les postes à quai et les services de soutien incapables de fournir la puissance adéquate risquent de perdre de leur attractivité. 
  • Risque lié au modèle commercial : Les ports qui ne définissent pas leur rôle risquent de laisser l'approvisionnement en énergie, l'accès à la recharge, les données et les relations clients à des tiers. 

 

Façonner le modèle plutôt que de le subir 

Les ports n'ont pas besoin de devenir des opérateurs de recharge. Ils ne sont pas tenus de posséder l'ensemble des bornes, batteries, câbles, véhicules ou actifs énergétiques. 

Néanmoins, les ports doivent déterminer le rôle qu'ils souhaitent jouer. 

Ils peuvent choisir de posséder une partie des infrastructures, de s'associer à des spécialistes, d'agir en tant propriétaire foncier énergétique, de fournir des terrains, de suministrer de l'énergie, ou d'utiliser la production et le stockage sur site pour soutenir les locataires et les exploitants.

Il n'existe pas de modèle unique. L'important est de faire un choix délibéré.

Si les ports ne déterminent pas le rôle qu'ils souhaitent jouer dans ce nouveau paysage énergétique, le marché décidera pour eux. 

 

Questions que les dirigeants portuaires devraient se poser 

Si la puissance par mètre carré devient un nouvel étalon de la capacité portuaire, les dirigeants des ports doivent avoir une vision claire de leur situation actuelle et de l'évolution de la demande. 

  • Immobilier : Quelles sont les zones du domaine qui disposent actuellement de la meilleure position énergétique ? 
  • Énergie : Où se situent les contraintes et où les mises à niveau du réseau, la production ou le stockage pourraient-ils améliorer la situation ? 
  • Opérations : Quelles zones du port nécessiteront la plus forte augmentation de puissance au cours des cinq prochaines années ? 
  • Commercial : Quels locataires, services ou usages des sols deviennent plus attractifs si davantage de puissance est disponible ? 
  • Informatique : Quelle plateforme est nécessaire pour suivre la demande, gérer les charges variables et répartir les coûts entre les utilisateurs ? 
  • Stratégie : Où le port doit-il réserver de l'énergie pour ses propres activités, et où doit-il la mettre à disposition des locataires, des transporteurs routiers ou des partenaires ? 

 

Aller de l'avant 

La transition d'un site complexe et multi-utilisateur ne peut être réalisée par des projets pilotes isolés ou des achats d'actifs au cas par cas. Elle nécessite une feuille de route pratique et axée sur les données, englobant l'énergie, les opérations, l'immobilier, les modèles commerciaux et l'informatique. 

En tant que partenaire stratégique en matière d'électrification, VEV aide les hubs de transport et d'actifs complexes à naviguer dans cette transition. Plutôt que de concevoir des infrastructures sur la base de suppositions, nous utilisons des données opérationnelles réelles pour modéliser des écosystèmes énergétiques complets, en équilibrant les contraintes du réseau, la production sur site, les plannings de flotte et la demande future. 

VEV associe l'analyse des données au déploiement d'infrastructures en tant qu'opérateur de raccordement indépendant (ICP). Nous ne nous contentons pas de tracer la voie ; nous contribuons à alimenter la puissance. 

 

Les ports qui agiront rapidement auront davantage de choix 

L'électrification transformera la manière dont les ports se concurrencent. 

Les terrains, les postes d'amarrage, les grues, les hangars et l'accès routier resteront importants. Mais ils ne racontent qu'une partie de l'histoire. 

La puissance utilisable par mètre carré constituera la prochaine mesure de la compétitivité portuaire. 

Les ports qui l'auront compris rapidement disposeront d'une plus grande marge de manœuvre. Ils pourront planifier leurs capacités, optimiser l'utilisation du foncier, accompagner leurs locataires, nouer des partenariats stratégiques et concevoir de nouveaux modèles de revenus. 

Ceux qui tarderont à agir risquent de constater que si le terrain est toujours là, l'énergie requise pour libérer son potentiel futur fera défaut. 

L'électrification est en marche. La question est de savoir si les ports façonnent cette transition ou la subissent. 

 

Si vous souhaitez en savoir plus sur la manière dont VEV peut aider votre entreprise à évoluer vers un avenir plus propre, contactez-nous à ask@vev.com

 

4 juin 2026

Prêt à passer à l'étape suivante ?

Se renseigner dès maintenant Se renseigner

Entamez la transition vers une flotte plus intelligente et plus propre.

Parlez-nous de votre flotte et de vos objectifs, et notre équipe spécialisée évaluera comment VEV peut vous accompagner dans votre transition. Une fois le formulaire complété, vous recevrez une stratégie initiale et les prochaines étapes.

  • « Avec VEV, nous avons trouvé un partenaire qui comprend réellement à la fois la gestion de flotte et les marchés de l'énergie. »

    Tony Cockcroft

    Directeur de la gestion des actifs de Stagecoach

  • « Notre expansion au Royaume-Uni avec notre première station de recharge à Immingham constitue une étape majeure pour Milence. VEV a joué un rôle central dans tous les aspects du projet, de la recherche du site idéal à la planification, la conception et la construction, en gérant la réalisation de notre station pour poids lourds hautement spécialisée. »

    Lars Minekus

    Responsable régional Benelux et Royaume-Uni

  • « VEV et RVS nous ont soutenus, ainsi que nos conducteurs, tout au long du projet pilote, répondant à nos questions et résolvant rapidement les problèmes opérationnels et techniques. Ce fut un projet parfaitement mené et fluide. »

    George Roach

    Directeur de la Performance et de la Conformité, Serco

Sélectionnez les secteurs d'activité qui vous concernent